Micromania repris par un consortium franco-québécois qui veut relancer l'enseigne
Micromania annonce son rachat par un consortium franco-québécois réunissant les entrepreneurs Stephan Tétrault, Jean-François Chenail ainsi que Sandra et Stephen Callahan. Les nouveaux actionnaires entendent conserver la marque Micromania et engager une nouvelle stratégie de développement de l'enseigne française, fondée notamment sur les produits dérivés, les cartes à collectionner et l'évolution de son réseau de magasins.
Fondée en 1983, Micromania compte aujourd'hui plus de 300 magasins en France et revendique une communauté de plus de 6 millions de clients. L'enseigne, historiquement spécialisée dans la vente de jeux vidéo et de consoles, a progressivement diversifié son activité vers les produits dérivés, les collectibles et les cartes à jouer et à collectionner (TCG).
Le principal actionnaire du consortium, Stephan Tétrault, dispose déjà d'une expérience dans la distribution spécialisée avec EB Games Canada, dont il est actionnaire majoritaire. Le Groupe Tétrault détient également McFarlane Toys et Imports Dragon. Jean-François Chenail, via Jams Venture Capital, intervient notamment dans la distribution, la logistique et le retail et est lui aussi actionnaire d'EB Games Canada. Sandra et Stephen Callahan participent pour leur part à l'opération à travers Cobico International, propriétaire du fabricant et distributeur français de peluches Gipsy Toys.
Une diversification accrue au-delà du jeu vidéo
La stratégie annoncée pour Micromania reprend en partie celle mise en oeuvre chez EB Games au Canada. Selon les chiffres communiqués par les repreneurs, les ventes de produits dérivés et de cartes à collectionner y auraient progressé de 74,69 % par rapport à la période précédant l'acquisition. L'entreprise canadienne, auparavant déficitaire, serait redevenue bénéficiaire en 2025, année de son rachat par le Groupe Tétrault. Ces données sont toutefois celles fournies par le groupe dans son communiqué.
Pour Micromania, les nouveaux propriétaires souhaitent notamment augmenter la place accordée aux produits dérivés et aux TCG, développer les événements en magasin, renforcer les activités de retail media et poursuivre le développement omnicanal de l'enseigne. Une division consacrée aux événements doit également être créée afin d'organiser des animations dans les magasins, de participer à des salons et de développer des événements propres à l'enseigne.
Le réseau physique fera parallèlement l'objet d'une analyse destinée à déterminer d'éventuelles relocalisations, extensions ou nouvelles implantations. Un premier magasin "flagship", de plus grande taille et proposant une offre élargie, doit ouvrir à proximité de Paris en octobre 2026. Micromania prévoit également l'installation de distributeurs de cartes à collectionner dans une trentaine de centres commerciaux.
Le montant de l'acquisition et la répartition précise du capital entre les différents membres du consortium ne sont pas indiqués dans le communiqué.
Cette reprise intervient dans un contexte de transformation profonde de la distribution physique du jeu vidéo, confrontée depuis plusieurs années à la progression des ventes dématérialisées. La stratégie présentée par les nouveaux propriétaires confirme ainsi l'évolution du modèle de Micromania : le jeu vidéo reste au coeur de l'enseigne, mais son réseau de magasins doit désormais s'appuyer davantage sur les cartes à collectionner, les produits dérivés, les collectibles et l'événementiel pour développer son activité.