Jeu vidéo : alors que les joueuses atteignent quasiment la parité, les femmes reculent dans les studios
Women in Games France alerte sur une stagnation, voire une régression, de la place des femmes dans l'industrie du jeu vidéo en France.
Women in Games France publie son infographie sur la place des femmes dans l'écosystème du jeu vidéo - édition 2026. Son constat est clair : les femmes jouent davantage, mais leur présence dans les studios, les postes de direction et la compétition ne progresse plus au même rythme. Dans certains domaines, elle recule même.
En France, les joueuses représentent désormais 49 % du public joueur. Elles étaient environ 10 % au début des années 2000. En vingt ans, le jeu vidéo est devenu une pratique quasi-paritaire.
Mais cette évolution ne se traduit pas dans les lieux où les jeux sont conçus, financés, dirigés ou mis en visibilité.
Depuis 2024, les femmes ne représentent plus que 20 % des effectifs des studios de développement français , contre 24 % en 2023, soit une baisse de quatre points en un an. Après plusieurs années de progression, leur présence revient à un niveau proche de celui observé avant la période Covid.
Par ailleurs, elles ne représentent que 14,2 % des postes de direction . Dans le même temps, les engagements déclarés par les entreprises semblent reculer : en 2022, 65,5 % d'entre elles déclarent mener des actions en faveur de l'égalité femmes-hommes, contre seulement 47,6 % en 2024.

Le problème n'est plus l'absence des femmes dans le jeu vidéo. Elles sont présentes dans les publics, les communautés et les usages. Le problème est que leur progression s'arrête dès que l'on arrive aux lieux de fabrication, de décision et de reconnaissance",
souligne Anna Bressan, Présidente de Women in Games France.
Esport : plus la pratique se rapproche de la compétition, plus les femmes disparaissent
L'esport confirme ce phénomène. Les femmes représentent 51 % des personnes jouant à des jeux compétitifs grand public , environ 36 % des pratiquants d'esport loisir , mais seulement 7 % des esportif·ves amateurs·rices engagé-es en compétition.
Pourtant, leur présence réelle dans les équipes compétitives, les publics d'événements et les rôles les plus visibles restent encore difficiles à mesurer.
Un manque de données qui masque les inégalités
L'infographie 2026 alerte également sur un angle mort statistique majeur. En France, les données générées restent insuffisantes dans l'ensemble de l'écosystème : emploi, évolution des carrières, représentation dans les jeux, streaming, événements et esport.
La situation est particulièrement préoccupante dans l'esport, où aucune donnée récente sur la pratique compétitive amateur n'a été produite depuis 2023. La présence des femmes dans les équipes, les publics, les métiers d'encadrement ou les compétitions reste donc largement inconnue.
Sans indicateurs réguliers, les freins, les abandons et les violences demeurent difficiles à objectiver, et donc à combattre.





