Jeux vidéo : une industrie française, une réussite mondiale
Compte rendu de la table ronde organisée au Sénat
Mercredi 14 janvier à 9h30, la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport du Sénat a organisé une table ronde consacrée à l'industrie du jeu vidéo française, à ses réussites économiques et culturelles, ainsi qu'aux défis auxquels elle est confrontée. Cette rencontre a réuni des représentants institutionnels, des professionnels du secteur et des experts économiques, en présence de plusieurs sénateurs.
Une industrie française solidement installée à l'international
Les échanges ont d'abord rappelé que le jeu vidéo constitue aujourd'hui l'un des principaux secteurs culturels français à rayonnement mondial. La France dispose d'un tissu de studios diversifié, allant de grands acteurs internationaux à une scène indépendante dynamique, soutenue par des politiques publiques structurantes.
Pauline Augrain, directrice du numérique du Centre national du cinéma et de l'image animée, a souligné le rôle central du CNC dans l'accompagnement du secteur, à travers des dispositifs de soutien à la création, à l'innovation et à l'export. Elle a rappelé que le jeu vidéo est désormais pleinement intégré aux politiques culturelles publiques, au même titre que le cinéma ou l'audiovisuel.
Création, innovation et reconnaissance internationale
François Meurisse, cofondateur et producteur du studio Sandfall Interactive, a apporté le point de vue des créateurs. Il a insisté sur l'importance des conditions de production, de la stabilité des financements et de la capacité à prendre des risques créatifs pour exister sur la scène internationale. Selon lui, la reconnaissance mondiale des jeux français repose sur une combinaison entre exigence artistique, maîtrise technologique et vision à long terme.
Un poids économique significatif, mais des fragilités structurelles
L'intervention de Stéphane Rappeneau, économiste du jeu vidéo et enseignant à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, a permis de replacer le secteur dans une perspective macroéconomique. Il a rappelé que le jeu vidéo est une industrie fortement mondialisée, exposée à des cycles économiques rapides, à une concurrence internationale intense et à des modèles économiques en mutation (jeux-service, plateformes, abonnements).
Il a notamment souligné la difficulté d'accès au financement pour les studios de taille intermédiaire, souvent pris entre des acteurs indépendants agiles et de grands groupes disposant de moyens importants.
Les enjeux de structuration et de compétitivité
Lévan Sardjevéladzé, président du Syndicat national du jeu vidéo (SNJV), a insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité de la filière française, notamment face à des pays offrant des dispositifs fiscaux plus attractifs. Il a plaidé pour une meilleure lisibilité des aides, une simplification des parcours administratifs et un soutien accru à l'emploi et à la formation.
De son côté, Nicolas Vignolles, délégué général du Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL), a mis en avant le rôle des éditeurs et distributeurs dans la valorisation des productions françaises, ainsi que l'importance des salons, événements et plateformes de diffusion pour maintenir la visibilité du jeu vidéo français auprès du grand public et des décideurs.
Les questions des sénateurs : emploi, formation et souveraineté culturelle
Les sénateurs présents ont interrogé les intervenants sur plusieurs sujets structurants :
- la formation aux métiers du jeu vidéo et l'attractivité des carrières,
- la capacité de la France à conserver ses talents,
- la place du jeu vidéo dans la politique culturelle nationale,
- et les enjeux de souveraineté économique et culturelle dans un marché dominé par de grands acteurs internationaux.
Les échanges ont mis en évidence un consensus sur la nécessité de poursuivre le dialogue entre pouvoirs publics, institutions et professionnels afin de consolider un secteur stratégique pour l'économie et le rayonnement culturel français.
La vidéo complète de la table ronde
Intervenants de la table ronde
- Pauline Augrain, directrice du numérique du centre national du cinéma et de l'image animée (CNC)
- François Meurisse, cofondateur et producteur au studio Sandfall Interactive
- Stéphane Rappeneau, économiste du jeu vidéo, enseignant à la Sorbonne - Paris I
- Lévan Sardjevéladzé, président du syndicat national du jeu vidéo (SNJV)
- Nicolas Vignolles, délégué général du syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs (SELL)
Sénateurs présents
- Soniade de La Provôte
- Monique Marco
- Béatrice Gosselin
- Jacques Grosperrin
- Laurent Lafon
- Pierre-Antoine Levi
- Mathilde Ollivier
- Pierre Ouzoulias
- François Patriat
- Michel Savin
- Adel Ziane